L’Union Européenne autorise l’utilisation des semences anciennes dans le bio

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posté le 31 Octobre 2018 / par Pousstronic

Les 28 membres de l’UE ont discuté pendant trois ans pour finir par adopter le nouveau règlement concernant l’agriculture biologique. Il a alors été décidé à Bruxelles, le 22 novembre 2017, que les agriculteurs bio pourront utiliser des semences anciennes dès le 1er janvier 2021. Deux principaux problèmes voire trois ont amené les décideurs à autoriser l’utilisation et la commercialisation des semences ancestrales.

1er problème : la fragilité des semences de laboratoire

Les traitements préventifs aux pesticides et l’usage d’engrais sont indispensables pour les semences développées en laboratoire. Mais ces apports ne sont pas autorisés dans l’agriculture biologique et les semences conçues ainsi sont donc plus fragiles.

La contradiction est manifeste : beaucoup d’agriculteurs prônent le bio, les produits chimiques utilisés dans l’agriculture classique risquent de porter atteinte à la santé des consommateurs. Cependant, les rendements du bio sont faibles et ne conviennent pas pour obtenir un rendement considérable.

Après concertation, le G28 estime que les semences rustiques s’adaptent mieux à l’agriculture bio parce qu’elles poussent naturellement et n’ont vraiment besoin d’aucun produit préventif ni curatif, et même si elles en ont besoin, les méthodes naturelles qui éloignent les nuisibles ne manquent pas et s’avèrent efficaces.

2e problème : des variétés limitées

Les travaux des semenciers en laboratoire ne parviennent pas à produire autant de variétés de semences que celles produites par les paysans des temps anciens. Les cultures bio d’aujourd’hui sont uniformes. La FAO, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, déclare que les trois-quarts des espèces comestibles n’existent plus faute de culture. Ainsi, la biodiversité est remise en cause. Ceci étant, le G28 estime que le retour aux sources ferait revenir une plus grande diversité de fruits et légumes, d’oléagineux et de céréales sur nos tables.

3e problème : la carence de nutriments dans les semences de laboratoire

En 2015, une étude a été faite sur un échantillon de tomates cultivées à l’ancienne par des paysans, d’une part, et sur un autre issu du laboratoire d’autre part. Il a été constaté que le dernier échantillon contenait beaucoup moins de nutriments. L’expérience a été refaite avec d’autres légumes et le résultat est similaire.

Cela ne veut pas dire pour autant que les paysans pourront faire ce qu’ils veulent en termes de culture quand ils reprendront la méthode ancestrale. Le nouveau règlement est accompagné de règles de contrôle et de certification des produits bio, également nouvelles, car elles viennent d’obtenir l’aval des députés européens le 19 avril 2018 à Strasbourg.

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